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L'inflammation chronique a-t-elle un effet sur l'infection VIH

Comment l’inflammation chronique augmente-t-elle le risque de l’infection à VIH ?

L’inflammation se produit en présence d’un agent, d’une infection ou d’un événement susceptible de nuire au corps. Avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en particulier, le problème est beaucoup plus complexe dans la mesure où la maladie a à la fois une cause et un effet. D’une part, l’inflammation est une réponse directe à l’infection à VIH elle-même. D’autre part, une inflammation chronique persistante, même lorsqu’une personne suit un traitement anti-VIH, peut, par inadvertance, endommager les cellules et les tissus normaux non affectés par le VIH. Nous allons voir comment une maladie inflammatoire chronique peut compliquer l’infection à VIH.

L’inflammation expliquée

L’inflammation est un processus biologique complexe qui survient en réponse à un agent pathogène ainsi qu’à l’exposition à des agents toxiques ou à une blessure. Il s’agit d’une facette de la défense immunitaire du corps. Cela vise à réparer les cellules endommagées et à ramener le corps à son état normal et sain.

En cas d’infection ou de traumatisme, le corps réagit en dilatant un petit vaisseau sanguin. Cela permet d’augmenter à la fois l’apport sanguin et la perméabilité des tissus vasculaires. Cela, à son tour, fait gonfler les tissus, ce qui permet au sang et aux globules blancs de se défendre. Ces cellules (appelées neutrophiles et monocytes) entourent et détruisent tout agent étranger, permettant ainsi au processus de guérison de commencer.

Parfois, l’inflammation peut être localisée, comme lors d’une coupure ou d’une morsure d’insecte. À d’autres moments, elle peut être généralisée et toucher l’ensemble du corps, comme cela peut se produire lors d’une infection ou de certaines allergies aux médicaments.

Les deux différents types de l’inflammation

L’inflammation est généralement classée comme aiguë ou chronique. Une inflammation aiguë se caractérise par une apparition rapide et une courte durée. Avec le VIH, par exemple, une nouvelle infection peut déclencher une réponse aiguë entraînant souvent un gonflement des ganglions lymphatiques, des symptômes pseudo-grippaux et une éruption cutanée sur tout le corps.

En revanche, l’inflammation chronique continue pendant de longues périodes. De nouveau, nous voyons cela avec le VIH, dans lequel les symptômes aigus disparaissent, mais l’infection sous-jacente demeure. Même s’il peut y avoir peu de symptômes, voire aucun, au cours de cette phase d’infection chronique, le corps continue à réagir à la présence du VIH avec une inflammation continue de faible intensité.

L’inflammation est-elle bénigne ?

L’inflammation est généralement une bonne chose. Mais si elle ne fait pas l’objet de mesures incontrôlées, elle peut renverser le corps et causer de graves dommages. Les raisons en sont simples et pas si simples.

Dans une perspective plus large, la présence de tout agent pathogène stimulera une réponse immunitaire dans le but de cibler et de tuer l’agent étranger. Au cours de ce processus, les cellules normales peuvent également être endommagées ou détruites. Lorsque le processus se poursuit sans relâche, comme cela se produit avec le VIH, la pression inflammatoire placée sur les cellules commence à monter.

Pire encore, même lorsqu’une personne reçoit un traitement antirétroviral totalement suppressif, il restera une inflammation sous-jacente de faible intensité. Cela signifie que le virus est toujours présent. Et bien que cela puisse suggérer que l’inflammation est moins un problème à ce stade, ce n’est pas toujours le cas.

Le lien complexe entre l’inflammation et la maladie

inflammation chronique et maladieLes chercheurs s’efforcent encore de comprendre les mécanismes à l’origine de ces événements indésirables. Toutefois, un certain nombre d’études nous ont éclairés sur le lien qui existe entre l’inflammation chronique et la maladie.

Parmi celles-ci, un essai a comparé l’impact clinique d’un traitement précoce contre le VIH par rapport à un traitement différé. Les scientifiques ont notamment découvert que, après le début du traitement, les marqueurs inflammatoires dans le sang diminuaient. Mais jamais aux niveaux observés chez les personnes séronégatives pour le VIH. L’inflammation résiduelle persistait même lorsque la suppression virale était atteinte, dont les niveaux étaient compatibles avec les taux croissants d’artériosclérose (durcissement des artères) et d’autres troubles cardiovasculaires.

Une étude connexe a également démontré une corrélation directe entre l’épaisseur des parois artérielles chez les personnes vivant avec le VIH et les taux de cellules inflammatoires dans le sang.  L’inflammation chronique a eu un impact similaire sur les reins, avec des taux accrus de fibrose (cicatrices) et de dysfonctionnement rénal. Elle a également un effet néfaste sur le foie, le cerveau et d’autres systèmes organiques.

Inflammation chronique et espérance de vie

Est-il juste de suggérer que l’espérance de vie pourrait également être affectée par les personnes vivant avec le VIH ?

Pas nécessairement. Selon une étude, un thérapeute anti-VIH de 20 ans peut désormais s’attendre à vivre jusqu’au début des années 70. Cela dit, la durée de vie peut être considérablement réduite à la suite de ces maladies non associées au VIH. L’inflammation est un facteur clé, de même que l’état du traitement et les choix de mode de vie.

L’inflammation est associée d’une manière ou d’une autre à pratiquement toutes les mauvaises choses qui peuvent arriver à notre corps. Et tandis que les personnes séropositives vivent plus longtemps et ne connaissent que très peu d’infections opportunistes, elles présentent toujours des taux plus élevés de cardiopathies et de cancers non liés au VIH que la population en général.

Comment réduire le risque ?

En commençant le traitement tôt et en adoptant un mode de vie plus sain, beaucoup de ces risques peuvent être atténués, voire supprimés. À terme, les scientifiques espèrent atteindre ces objectifs en trouvant les moyens de modérer la réponse immunitaire. Ces objectifs permettent de mieux atténuer les stress à long terme de l’inflammation.

Sources

https://www.catie.ca/fr/traitementactualites/traitementactualites-223/inflammation-vih/explorer-vih-inflammation

https://aviesan.fr/aviesan/accueil/toute-l-actualite/vih-un-mecanisme-de-l-inflammation-chronique-decrypte

 

 

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